Biographie

Ma région naturelle de naissance au Mali s’appelle le BELEDOUGOU, une région peuplée d’habitants qu’on appelle selon les spécialistes en linguistique « Bélérins, Bélérines» ou« Béléri(e), formés de nos jours d’ethnies Bambara, peulh, kakolo Sarakollé et Malinké, des populations sédentaires pratiquant essentiellement les activités agricoles et d’élevage, parlant majoritairement la langue Bamanan. Les maîtres de la parole, les griots, mémoires de tout un pays, véritables archives vivantes, nous apprennent qu’anciennement le BELEDOUGOU s’appelait le          KAGNAKA, un des six (06) royaumes  qui formaient la fédération de l’Empire du Ghana.     Selon les écrits de l’historien Amadou SIDIBE, dans son livre « Histoire du Sahel Occidental Malien, des Origines à nos jours » paru aux éditions JAMANA, en 1980, cet Empire aurait vécu du 7ème au 11ème siècle et s’étendait sur les actuels pays que sont le Mali et la Mauritanie avec pour capitale, KOUMBI SALEH, ville se trouvant de nos jours en Mauritanie.
Le royaume de KAGNAKA, donc de nos jours le BELEDOUGOU avait pour Capitale SOSSO, village se trouvant dans le Cercle de BANAMBA.                                                   D’Est en Ouest, le KAGNAKA s’étendait des Collines du NEGUETANG dans le Cercle de KOULIKORO jusqu’au fleuve Baoulé, dans le Cercle de KITA.
Du Nord au Sud, il s’étendait de l’Arrondissement de l’actuel MOURDJAN, sa frontière avec le Cercle de NARA, jusqu’à la rivière WOYO WAYANKO, dans le quartier actuel de SEBENIKORO à Bamako, faisant frontière avec le royaume du Mandé qui avait pour capitale NIANI, aussi un des royaumes de l’Empire du Ghana.
La capitale du Mali, Bamako s’étendrait sur les anciens royaumes du Bélédougou (une bonne partie de la rive gauche du fleuve Niger), le royaume du Mandé et le Djitoumou (une bonne partie de la rive droite du fleuve Niger).
Dans le Mali actuel, le BELEDOUGOU compte environ une population de 1 000 000 d’habitants répartis dans environ 500 villages, situés sur une superficie d’environ 27 000 Km2 dans la région administrative de Koulikoro : cercle de KOLOKANI, 12 000 km2, 10 Communes (289 villages), cercle de KATI avec 11 Communes rurales, 9000 km2, (300 villages), cercle de KOULIKORO avec 03 Communes (5000 km2, 150 villages) et l’Arrondissement de MOURDJA environ 1000 Km2.
La région du BELEGOUGOU était et demeure une région de savoir, d’éducation rigoureuse, et de bravoure. A cinquante (50) ans, le jeune homme qui a suivi les 07 étapes de 07 ans (7×7 = 49) de la construction de la personnalité, était un homme complet, apte à assumer sa responsabilité, avec fierté, devant n’importe quelle situation. C’est cette bravoure qui a fait que le roi du KAGNAKA de cette époque a refusé de payer les prélèvements fiscaux à l’Empereur du Ghana.
Pour ce refus d’obéir aux ordres du roi, (le roi est appelé le « mansa », le « man » ou « le mankè ») de KOUMBI SALEH, ils ont pris désormais le nom « Bamanan », qu’on traduit littéralement par « ceux qui ont refusé le man ». Selon toujours les récits des « maîtres de la parole », le KAGNAKA a fini par conquérir l’Empire du Ghana pour régner à son tour sur les six royaumes qui constituaient l’Empire. Le dernier roi du KAGNAKA, Soumagourou KANTE a été aussi vaincu en 1235 à la bataille de KIRINA par le mansa du Mandé Soundjata KEITA. Lui aussi va régner sur les royaumes de la fédération de l’Empire du Ghana pour créer l’Empire du Mandé ou du Mali. Il va renforcer l’organisation du KAGNAKA, par la relecture du « Code Bamanan », la première Constitution au monde de 12 articles (émission TV 5…) pour en faire le « Code de Kouroukan Fouga ».
Dans l’histoire du Mali, selon les récits des « maîtres de la parole », « le Bélédougou et le Mandé constituent une sorte de « régions naturelles jumelles ». Là où on parle du Bélédougou, on parle forcément du Mandé et vice-versa ».
C’est aussi cette bravoure tirée de son immense savoir : organisation du royaume, au plan social (les TO TIGUI et les TO N’TAN), la prospérité économique essentiellement agricole, et d’élevage, organisation de la défense et des guerres, le savoir médicinal, et la mystique qui aurait fait que, dans sa guerre pour « l’islamisation forcée », (ou Djihadisme) El Hadj Oumar TALL aurait traversé le Bélédougou sans faire la moindre guerre. Pendant près de trois mois, installé dans le village de FASSA, Commune rurale de DJIWO YO, il aurait tenté d’islamiser pacifiquement les « Béléris(e)», sans grand succès. A son départ, il aurait demandé des hommes pour renforcer ses troupes qui a été répondu favorablement.
Enfin c’est cette bravoure qui a fait que les populations du Bélédougou ont résisté à toutes les formes de guerre, notamment à la pénétration coloniale Française, avec la « Guerre de KODJALAN DA » tristement connu sous le vocable de « révolte du Bélédougou de 1915 ».
Une révolte « se dit communément d’un acte de résistance, avec violences et voies de fait aux prescriptions de l’autorité publique ou d’un supérieur hiérarchique…. » Gérard Cornu, Vocabulaire juridique PUF, 7ème édition page 818.
Une révolte est en principe encadrée par des opérations de police. Mais cherchant à entrer sur un territoire dont on n’a pas le contrôle, en déployant de l’artillerie lourde, ne sommes – nous pas en guerre de pénétration?
Quand l’histoire est écrite par les vainqueurs, c’est leur manière de raconter qui devient la vérité. Dans les cours d’histoires dans les pays Africains, vous entendez pratiquement que le mot « révolte » pour qualifier les Guerres Africaines contre les pénétrations des colonisateurs. On parle aussi de « révolte du pays BOBO », etc.
De nos jours, le Bélédougou demeure connu par ses savoirs. Le grand chercheur français, médecin Hubert BALICK, un des artisans et concepteurs de la « Pyramide de santé actuelle du Mali », y a séjourné pendant plus de dix 10 ans, précisément à Massantola pour étudier les plantes médicinales et la médecine traditionnelle.
Nous arrêtons le peu d’histoire qui nous a paru important pour savoir qui je suis et d’où je viens. C’est dans cette partie du Mali, chargée d’histoires et de savoir, peuplée de braves populations très fières, que sont nés, dans la Commune rurale de Nossombougou, à 60 kilomètres de Bamako, les jumeaux Lassiné et Siné, qui est la déformation de Seyni, lui aussi le diminutif de Fousseyni.
Nous avons fait les études primaires à l’Ecole Fondamentale de Nossombougou, créée en 1945 et dont le premier Directeur était Monsieur Siriman KEITA, le père du Commissaire Divisionnaire, l’honorable Niamé KEITA. Après l’obtention du Diplôme d’Etudes Fondamentales en 1981, nous sommes orientés respectivement lui, au Lycée Bouillagui Fadiga et moi au Lycée Askia Mohamed à Bamako.
Issu d’une famille paysanne relativement aisée, sorte de bourgeoisie rurale, mes premières références étaient bien évidemment mes parents, grands-parents, arrières grands parents qui avaient tous réussis des fruits de leur travail : terres, récoltes, élevage. D’ailleurs mon premier surnom était « flakè faring, qu’on peut traduire par « brave peulh) », référence à mon arrière-grand-mère maternelle peulh du côté de ma mère et au troupeau de plus de 80 têtes de vaches qu’on conduisait avec le peulh du village. Dans notre famille, on ne connaissait pas le « manque » : des tonnes de céréales, du lait, du miel, des fruits et légumes, etc.
Tout jeune, au lycée à Bamako, le cadre de référence change. Je rencontre cinq personnes qui vont être des références, mes modèles. La première est le Professeur de Médecine en Histologie Embryologie Siné BAYO, que j’avais connu à l’Institut National de Recherche en Santé Publique (INRSP) au cours d’un match de foot ball au champ hippique. Le ballon est tombé dans la cour de l’Institut et j’ai eu le courage d’aller chercher ce ballon, alors, il m’a attrapé. Il m’a fait laver sa voiture et m’a donné une pièce de 100 Francs Maliens. J’ai pu regarder dans son bureau les microscopes et autres matériels de santé.
La deuxième, est le professeur AG RALLY, le médecin de l’équipe nationale les « Aigles du Mali » que j’avais pu approcher lors d’un match Mali-Algérie au stade omnisport que le Mali a remporté 3-0, insuffisant pour se qualifier.
Avec ces deux personnes, M. BAYO et M. AG RALLY, je me voyais déjà médecin.
Il faut dire que, même avant ces rencontres, j’avais un grand amour pour la santé, en tant que rescapé sans séquelles d’une grande épidémie de méningite qui avait frappé le Mali et l’arrondissement de Nossombougou dans les années 70-71.
La troisième est M. Drissa KEITA, que j’ai vu en accompagnant un cousin, Nouman DIARRA, un ainé étudiant en sciences économiques à l’ENA. Quand on m’a dit qu’il est Docteur en économie du développement, j’étais fasciné. Ministre des finances, je le voyais comme quelqu’un que le pays ne pouvait rien faire sans lui, une sorte de sauveur du Mali.
La quatrième personne est Maitre Alioune Blondin BEYE, ministre des affaires étrangères du moment que j’ai vu à l’occasion d’une conférence animée par Blondin BEYE et Pierre Boutros GHALY, sur « la diplomatie des non-alignés ».Quelles sommités brillantes éloquentes.
Enfin Adame BA KONARE, docteur en histoire, elle est venue inspecter notre professeur d’histoire et de géographie en Terminale SBT. Très belle, parlant un français impeccable, elle m’a fasciné. Je voulais être comme elle, professeur d’université.
Perturbé un peu dans le choix, je demandais des informations à gauche, à droite, par-ci, par-là, pour connaitre les études qu’ont faites ces personnes. Finalement la médecine va l’emporter.
L’obtention du Baccalauréat, avec la même mention Assez Bien, en 1985 va nous séparer. Pour la première fois, nous devons vivre loin de l’autre, une épreuve dure pour des jumeaux qui ont partagé le même lit jusqu’à 20 ans.
Après avoir refusé une première bourse sur l’Allemagne, parce que je voulais devenir coute que coute médecin, je suis finalement envoyé en Tunisie pour faire Agronomie alors que lui est allé à l’IPR de KATIBOUGOU après avoir renoncé à la Chine pour l’EMIA, que les parents n’ont pas accepté. Nos parents, notamment le frère du père, lui-même enseignant, n’étaient vraiment pas passionnés pour les porteurs d’uniformes, synonymes à leurs yeux d’échecs scolaires.
Effectivement, en ces temps, c’étaient les recalés des cursus scolaires qui étaient déversés dans les métiers d’uniformes dès lors qu’ils étaient physiquement aptes. Dans notre petit village de Pétiérébougou ZOROKORO, d’environ 300 habitants, nous sommes plus d’une vingtaine de cadres : financiers, comptables, administrateurs, enseignants, avocats, socio-anthropologues, médecins, communicateurs, ingénieurs, agronomes, topographes, électriciens, et des techniciens, seulement trois porteurs d’uniformes, dont un Lieutenant-Colonel à la retraite.
Toujours amoureux de médecine, à cause du Professeur Siné BAYO, en Tunisie, j’ai refusé l’Institut National Agronomique de Tunisie (INAT), mon orientation initiale pour tenter de changer, sans succès, l’agronomie en médecine.
Après une année sans étude, j’entre, par hasard, à l’Institut des Hautes Etudes Commerciales de Tunis Carthage, avec l’aide d’un certain Mohamed MIHIRI, Sous-Directeur de la Coopération Internationale, au Ministère de l’Education nationale.
Je ne savais rien des Hautes Etudes Commerciales et c’était pour moi, la première fois d’entendre le mot « expertise comptable », mon seul critère du choix de cette école était la longueur du cycle : 7 ans comme la médecine.
A l’IHEC, l’environnement change radicalement, les choses prennent une autre direction dès le premier jour avec la Conférence d’accueil des jeunes étudiants : la « Bienvenue à l’IHEC ».
D’abord, l’Institut est situé à une trentaine de kilomètres de Tunis, contigu au Palais Présidentiel de Carthage et faisant dos à la mer avec une vue sans limite. Ensuite, l’environnement est rempli de références, tous détenteurs de diplômes prestigieux de références internationales comme Facultés de Tunisie Droit, Economie, Harvard, M.I.T, Chicago, HEC-Paris, Dauphine, Sorbonne, ESSEC, etc. La rigueur est présente partout : à commencer par le train qui relie l’Institut à la ville de Tunis, toutes les 10 minutes et il n’est jamais en retard, la tenue vestimentaire, les cours, les examens et chose incroyable, à l’IHEC, on ne va jamais en grève.
Je me trouve rapidement un modèle, Monsieur Aly NEFZAOUI, expert-comptable, brillant, autoritaire et cassant, toujours impeccablement habillé, à quarante-cinq ans, il était déjà auteur de trois livres. J’ai décidé que je créerai un Cabinet d’expertise comptable et qu’à cinquante ans, je sortirai mon premier livre. Je respecte ce deadline avec la parution de mon premier livre « Comptabilité Générale de l’Entreprise, conforme au Droit SYSCOA et OHADA, 80 exemples et cas d’application ».
Puis suivront de nombreuses publications dans la Presse locale et la Presse financière internationale et d’autres livres.
Fondamentalement libéral, je ressens de jour en jour, un sentiment de nationalisme. En réfléchissant sans cesse aux maux et problèmes qui pourraient expliquer le retard du pays en matière de développement, ayant visité une trentaine de pays, je crois à tort ou à raison que le retard de mon pays s’explique en partie par un manque de patriotisme et d’engagement des dirigeants qui se sont succédés aux affaires du pays.
Je publie en 2020, une revue spéciale avec le Journal Mali Tribune sous le titre « Le Mali, notre Patrie ». Dans dix chapitres, nous essayons de donner des explications assorties de propositions de recommandations, aux maux dont souffre notre pays.    
Tel est un résumé de ma biographie./

BELEDOUGOU